Histoire département de l'EureSuperficie 603 748 ha - Population 524 690 ha - Point culminant Juignettes (243 m) Préfecture Évreux - Sous Préfectures Les Andelys, Bernay - 3 arrondissements 43 cantons - 676 communes. Au temps de Jules César, le territoire actuel du département de l'Eure était habité, par trois peuples de la Gaule celtique : les Aulerci Eburovices, groupés autour de la ville qui est devenue Évreux, les Lexovii autour de Lisieux et les Velocasses, répandus dans la contrée appelée depuis Vexin. La civilisation romaine favorisa l'extension des villes telles que le Vieil Évreux et Berthouville. Le Vexin se trouva divisé en deux parties après la cession, faite à la suite des invasions normandes par Charles le Simple au chef normand Rollon, de l'ancienne Neustrie, en 911 ; le Vexin normand a été réuni en 1790 au département de l'Eure ; il forme l'arrondissement des Andelys. Les Aulerques (Aulerci) et les Vélocasses (Velocasses) prirent part aux guerres contre César. Clovis, le premier, pénétra jusque dans cette province et la rangea sous sa domination. Parmi ses successeurs, Dagobert et Clotaire III résidèrent quelquefois au château d'Étrépagny.
A la fin du 5e siècle Saint-Taurin commençait l'évangélisation des populations pendant la période mérovingienne et carolingienne, la foi chrétienne se développa sur le territoire des Aulerci et des Vélocasses, et les évêques d'Évreux acquirent une grande importance. Au nombre des abbayes fondées à cette époque dans le diocèse d'Évreux, on distingue celle de Saint-Taurin, qui s'éleva probablement vers la fin du Vile siècle, sur le bord du grand chemin, en dehors de la ville, à l'emplacement qu'occupait le tombeau du premier évêque d'Évreux, dont le corps fut levé et déposé dans un reliquaire. Quelques années plus tard s'éleva le monastère de la Croix-Saint-Leufroy.
En l'année 844, Rouen et son diocèse, dont faisaient partie les villes de Gisors, des Andelys, d'Étrépagny et tout ce qui, dans le département de l'Eure, est situé sur la rive droite de la Seine, furent saccagés. Le diocèse d'Évreux ne fut pas épargné non plus par le fléau. Guntbert était alors évêque de cette ville ; il assista avec son métropolitain Gombault, qui prenait pour la première fois le titre 'd'archevêque, à deux conciles tenus à Paris en 847 et 853, pour prévenir le retour des barbares du Nord. Charles le Chauve éleva une forteresse à Pont-de-l'Arche l'année suivante (854) et fit jeter un pont sur la Seine pour barrer le passage à leurs barques. Cependant ils reparurent en 870, puis en 876. Cette fois, ils étaient conduits par le chef qui établit définitivement dans la Neustrie la domination normande. Le Scandinave Roll ou Rollon et à qui Charles le Simple céda la région comprise entre l'Epte et l'Oise qui divisa le Vexin en deux. La prospérité du nouveau duché au 11e favorisa les fondations monastiques (Bernay, le Bec), le développement des églises rurales et l'adoption d'institutions précises.
Philippe-Auguste enleva le comté d'Evreux, en 1193, au comte Amaury III, pour le donner à Jean sans Terre, alors son allié, avec la ville d'Évreux ; ce prince, comptant regagner, par une horrible perfidie, les bonnes grâces des Anglais, invita à un festin les officiers de la garnison française, les fit massacrer et passa au fil de l'épée tous les soldats. Le roi de France, en ce moment occupé au siège de Verneuil, s'empressa d'accourir, reprit la ville et la mit en cendres, puis il conquit presque tout le reste du comté. Amaury fit, en 1200, à Philippe, une cession complète de ses possessions ; le comté d'Évreux fut de la sorte réuni à la couronne.Sous le règne de Charles VI, les Anglais, victorieux à Azincourt (1415), se répandirent par toute la France et reprirent la Normandie. Après la mort de ce roi, le dauphin Charles VII, dépossédé, en vertu du traité de Troyes, s'efforça inutilement de repousser cette grande invasion anglaise jusqu'au moment où Jeanne d'Arc lui prêta son merveilleux secours ; ses troupes furent battues à Verneuil, par le duc de Bedford, en 1424. Mais lorsque le siège d'Orléans eut été levé, les Français obtinrent des succès presque aussi constants que l'avaient été jusque-là leurs revers.
L'actuel Département de l'Eure a été créé aprés la Révolution, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province de Normandie qui regroupe d'anciennes circonscriptions religieuses, administratives et ethniques, sans unité historique proprement dite, sinon son appartenance à la Normandie et qui de nos jours regroupe une dizaine de région naturelle :
- le pays de Lyons-la-Forêt, qui se prolonge en Seine-Maritime
- le Vexin normand
- le Vexin bossu
- la vallée de la Seine
- le plateau de Madrie
- la campagne de Saint-André
- le plateau du Neubourg
- le pays d'Ouche
- le Roumois
- le Lieuvin
- le Marais-Vernier
- un petit secteur (180 km²) du Pays d'Auge, partagé avec le Calvados.
- un petit secteur (40 km²) du Perche, qui se continue en Eure-et-Loir.
Le Département de l’Eure, doit son nom au cours d’eau qui le traverse dans la plus grande longueur.
Le département fut d'abord divisé en six districts (Évreux, Les Andelys, Bernay, Louviers, Pont-Audemer et Verneuil) en 1790 puis en cinq arrondissements à partir de 1800 : Évreux, Bernay, Les Andelys, Louviers et Pont-Audemer. Les deux derniers furent supprimés en 1926, celui de Pont-Audemer étant rattaché à Bernay et celui de Louviers partagé entre Les Andelys et Évreux. |